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Travaux sur une maison des années 1930 à Boulogne-Billancourt

Le nord de Boulogne-Billancourt concentre des maisons et des ateliers parmi les premiers de l'architecture moderne. Les transformer demande de savoir ce qui est protégé, et ce qui ne l'est pas.

Mis à jour le par Quentin Piepszownik, architecte

Maison des années 1930Une villa moderniste à volumes cubiques, fenêtres en bandeau et toit-terrasse.

En bref

La réponse courte, avec ses sources.

La réponse courte

Boulogne-Billancourt se présente comme un « véritable laboratoire architectural » où Le Corbusier, Mallet-Stevens, Patout et Auguste Perret « ont fait leurs premières armes ».[1] Au moins neuf de ces maisons et immeubles sont inscrits ou classés monuments historiques, souvent pour leurs seules façades et toitures.[2][3][4] Les maisons voisines, même non protégées, sont souvent dans leurs abords : tout changement d'aspect extérieur y demande l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.[2][5]

14Étapes du parcours officiel des années 30, quartier Les Princes-Marmottan
1924Maisons Lipchitz et Mietschaninoff de Le Corbusier, allée des Pins
1880Plans d'anciens permis conservés aux Archives municipales, depuis les années 1880
+1 moisDélai d'instruction dans les abords d'un monument

Un laboratoire de l'architecture moderne

Pour la ville, « l'empreinte laissée par l'art des années 1930 a construit l'identité architecturale et urbaine » de Boulogne-Billancourt.[1] L'Inventaire décrit deux tissus distincts au début du XXe siècle : « les lotissements résidentiels densifient les quartiers de Boulogne », tandis que « les cités ouvrières se multiplient à Billancourt ».[6]

La ville propose un parcours audioguidé en 14 étapes dans le quartier Les Princes-Marmottan : rue de la Tourelle, rue du Belvédère, rue Denfert-Rochereau, rue Gambetta, avenue Robert-Schuman, rue Salomon-Reinach.[7] Le musée des Années 30, à l'Espace Landowski, 28 avenue André-Morizet, le prolonge.[8]

Les maisons et immeubles protégés

Œuvres des années 1920-1930 protégées au titre des monuments historiques
BâtimentArchitecteDateCe qui est protégé
Maisons Mietschaninoff et Lipchitz, 7 et 9 allée des PinsLe Corbusier et Pierre Jeanneret1924-1925Façades et couvertures, inscrites en 1975
Maison Cook, 6 rue Denfert-RochereauLe Corbusier et Pierre Jeanneret1926-1927Façades et couvertures, inscrites en 1972
Villa Collinet, 8 rue Denfert-RochereauRobert Mallet-Stevens1926Façades et couvertures, inscrites en 1984
Maison du peintre Alfred Lombard, 2 rue GambettaPierre Patout1928Façades et toitures, inscrites en 1975
Hôtel Dujarric de la Rivière, 2 rue Salomon-Reinach—1928-1930Façades, couvertures et salle d'orgue, inscrites en 1975
Atelier de Dora Gordine, 21 rue du BelvédèreAuguste et Gustave Perret1929Façades et couverture, inscrites en 1975
Hôtel de ville, 26 avenue André-MorizetTony Garnier et Jacques Debat-Ponsan1931-1934En totalité depuis l'arrêté du 14 août 2025
Immeuble Molitor, 23 rue de la TourelleLe Corbusier et Pierre Jeanneret1931-1934Classé en 2017

Sources : notices Mérimée de la Plateforme ouverte du patrimoine.[9][10][3][4][11][12][13][14][15]

Ce que couvre une inscription

La protection porte sur les parties désignées par l'arrêté : pour la maison Cook, « façades et couvertures ». Sur un immeuble inscrit, le silence de la mairie sur un permis vaut refus, et la mairie dispose de 5 mois, au lieu de 3, pour contester la conformité des travaux achevés.[3][16][17][18]

Les maisons voisines, non protégées mais en abords

L'Inventaire général recense d'autres maisons de la même époque, sans protection au titre des monuments historiques mentionnée dans leur notice :[19][20][21][22][23]

  • la villa Ternisien, 5 rue Denfert-Rochereau, 1927, de Le Corbusier et Pierre Jeanneret puis Georges-Henri Pingusson ;
  • l'hôtel de Madame Gabriel Voisin, 7 rue Denfert-Rochereau, 1928 et 1935, de Pierre Patout et René Dacbert ;
  • la maison de Suzanne Dubin, 4 rue Denfert-Rochereau, 1929, de Raymond Fischer ;
  • l'hôtel de l'architecte Jean Niermans, 3 rue Gambetta, 1935, et la maison de l'architecte André Gutton, 4 rue Gambetta, 1928.

Ces maisons sont à quelques numéros de la maison Cook, de la villa Collinet ou de la maison Lombard : elles sont à moins de 500 m d'un monument. Si elles sont visibles depuis lui ou en même temps que lui, ce qui est fréquent dans ces rues, leurs façades relèvent des abords et de l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.[2][5]

Le patrimoine protégé par le PLUi

À côté des monuments historiques, le PLUi protège son propre patrimoine : « patrimoine bâti remarquable », « patrimoine bâti d'intérêt », ensembles bâtis et urbains, éléments d'intérêt comme des portails ou des murs. La liste de Boulogne-Billancourt figure au cahier des patrimoines, pièce 4.3.a ; les fiches de patrimoine remarquable y sont numérotées BB-R, au moins jusqu'à 72.[24][25]

  • « La démolition totale du patrimoine protégé est interdite », sauf risque grave ; la suppression d'éléments identifiés dans les fiches, modénatures, ferronneries ou persiennes, l'est aussi (p. 240).
  • Extensions, surélévations et redressements de combles sont admis s'ils sont « en harmonie avec les caractéristiques du patrimoine protégé » ; une surélévation est interdite si elle démolit une toiture identifiée comme élément d'intérêt (p. 240).
  • Les travaux doivent « conserver ou de restituer l'aspect d'origine de la construction » ; l'isolation par l'extérieur est interdite si elle n'est pas adaptée à ses caractéristiques architecturales ou structurelles (p. 241).

Règlement écrit du PLUi, chapitre 6, pages indiquées.[24] Une maison non classée monument historique peut donc être protégée par le PLUi : nous vérifions la pièce 4.3.a pour chaque adresse.

Préparer des travaux sur ces bâtiments

Retrouver les plans d'origine. Les Archives municipales conservent les anciens permis de construire, qui « contiennent de nombreux plans de maisons boulonnaises » à partir des années 1880, et les demandes d'autorisation de travaux de 1893 à 1963 ; des répertoires sont consultables en salle de lecture.[26] On s'y inscrit comme lecteur avec une pièce d'identité ; en 2026, la salle ferme du 3 au 28 août et du 24 au 31 décembre.[27]

Décrire ce qui fait la façade. Fenêtres en bandeau et menuiseries fines, enduits lisses, toits-terrasses, garde-corps : le dossier doit montrer précisément ce qui change. La notice des matériaux et des modalités d'exécution est une pièce obligatoire du dossier en abords.[28][29]

Isolation et confort. Une isolation par l'extérieur modifie toujours l'aspect extérieur et demande une déclaration préalable ; sur une façade des années 30, elle se discute en amont avec l'Architecte des Bâtiments de France.[30]

Notre méthode

Nous partons des plans d'archives quand vous pouvez les obtenir aux Archives municipales, nous dessinons les menuiseries et les raccords à l'échelle, et nous joignons au dossier les photographies et la notice que l'Architecte des Bâtiments de France attend. Le relevé de l'existant n'est pas compris dans nos forfaits ; les plans d'archives le facilitent.

Questions fréquentes

Ma maison des années 30 n'est pas classée : suis-je libre de changer les fenêtres ?

Pas si elle est dans les abords d'un monument, ce qui est fréquent dans le quartier des Princes : un changement de modèle, de matériau ou de teinte des menuiseries modifie l'aspect extérieur et demande une déclaration préalable avec l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.[31][2][5]

Où trouver les plans d'origine de ma maison ?

Aux Archives municipales de Boulogne-Billancourt, qui conservent les anciens permis de construire avec des plans de maisons depuis les années 1880.[26]

Peut-on visiter l'appartement de Le Corbusier ?

Oui, l'appartement-atelier de l'immeuble Molitor se visite, en visite libre ou guidée, selon la Fondation Le Corbusier.[32]

Voir aussi

Sources consultées

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