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Agrandir sa maison à Boulogne-Billancourt

Une pièce sur le jardin, une cuisine agrandie, un bureau : ce que demande une extension à Boulogne-Billancourt, de l'autorisation au chantier.

Mis à jour le par Quentin Piepszownik, architecte

Extension d'une maisonUn pavillon et son extension latérale à toit plat.

En bref

La réponse courte, avec ses sources.

La réponse courte

À Boulogne-Billancourt, une extension de plus de 5 m² et d'au plus 40 m² relève de la déclaration préalable ; au-delà de 40 m², du permis de construire. Au-delà de 20 m² et jusqu'à 40 m², le permis redevient obligatoire si la surface de plancher totale de la maison dépasse ensuite 150 m².[1] Dans ce cas, l'architecte l'est aussi.[2] L'extension doit respecter le règlement du PLUi de Grand Paris Seine Ouest, notamment l'emprise au sol, la hauteur et la pleine terre.[3]

5 à 40 m²Déclaration préalable en zone urbaine
> 40 m²Permis de construire
150 m²Surface totale au-delà de laquelle permis et architecte sont exigés au-delà de 20 m² créés
1 011 €/m²Valeur forfaitaire 2026 de la taxe d'aménagement en Île-de-France

Quelle autorisation pour votre extension

Les seuils se lisent sur la surface créée, qu'il s'agisse de surface de plancher ou d'emprise au sol. Tout le territoire bâti de Boulogne-Billancourt est en zone urbaine du PLUi, où le seuil de 40 m² s'applique.[1][4]

Surface créée par l'extension
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Déclaration préalablepermis si le total dépasse 150 m² de surface de plancher
  4. 40 m²Permis de construire

Le seuil se lit sur la surface de plancher ou l'emprise au sol créée. Une construction nouvelle détachée de la maison suit d'autres seuils (20 m²).[1][5]

Ce que dit le texte — code de l'urbanisme, article R*421-14, b

« Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; toutefois, demeurent soumis à permis de construire les travaux ayant pour effet la création de plus de vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, lorsque leur réalisation aurait pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2. »

[6]
Trois exemples
Maison avant travauxExtensionTotal aprèsAutorisationArchitecte
90 m²18 m²108 m²Déclaration préalableNon obligatoire
120 m²35 m²155 m²Permis de construireObligatoire
100 m²45 m²145 m²Permis de construireNon obligatoire

Calculs faits d'après les seuils des fiches officielles.[1][2] Pour une extension de 5 m² ou moins, les fiches officielles divergent ; une extension accolée modifie en général l'aspect extérieur, ce qui suffit à exiger une déclaration.[1][7]

Mesurer la surface créée

La surface de plancher additionne les niveaux clos et couverts de plus de 1,80 m sous plafond, mesurés au nu intérieur des façades. L'emprise au sol est la projection verticale du volume, débords et surplombs compris.[8] Une extension vitrée, un auvent porté par des poteaux ou un balcon créent ainsi de l'emprise au sol.

Le guide surface de plancher et emprise au sol détaille les déductions, avec une coupe commentée.

Les règles du PLUi à respecter

L'autorisation n'est accordée que si l'extension respecte le règlement du secteur où se trouve la maison. Plusieurs définitions du lexique du PLUi comptent particulièrement pour une extension :[3]

  • Emprise au sol : elle comprend « les annexes présentes sur le terrain, tous débords et surplombs inclus ».
  • Pleine terre : un espace qui ne comporte « aucune construction en surface comme en sous-sol ». Une extension sur le jardin réduit d'autant la pleine terre exigée.
  • Hauteur : « à Boulogne-Billancourt, le niveau de référence est constitué par la moyenne des altitudes orthométriques (NGF) mesurées sur la voie publique ou privée au droit de la parcelle ».
Règles des principaux secteurs habités de Boulogne-Billancourt
SecteurEmprise au solHauteurLimites séparatives
U3-C-2
Fonds des Princes
25 % du terrain (p. 149)Façade 6 m, couronnement 1 pour 4, total 10 m ; façade 9 m dans trois cas (p. 153-155)Retrait obligatoire : L ≥ hauteur de façade avec baie, L ≥ moitié sans baie, 5 m au moins ; limite possible contre une héberge voisine de 6 m (p. 135, 143)
U3-C-1
Pavillonnaire sous plan masse
Fixée par le plan masse (p. 149)Gabarit de la planche du plan masse : de 3,50 m (R) à 21,50 m (R+5+C) (cahier, p. 9)Fixé par le plan masse (p. 135)
U2-C
Secteurs mixtes de transition
50 %, 55 % pour un terrain d'angle de 2 000 m² au plus (p. 115)Filet de hauteur du plan 4.2, de 9,5 m à 36 m dans la bande E ; au-delà, R+1 soit 7,50 m en limite (p. 118-120)Bande E de 15 m : en limite latérale ; au-delà, L ≥ moitié de la hauteur, 6 m avec baie, 3,50 m sans (p. 106-107)
U1-A-1
Centralité historique
Bande E, plus 40 % du reste du terrain (p. 83)Filet de hauteur du plan 4.2, de 9,5 m à 28,5 m dans la bande E ; au-delà, R+1 soit 7,50 m en limite (p. 89, 95)Bande E : en limite latérale ; au-delà, L ≥ moitié de la hauteur, 6 m avec baie, 3,50 m sans (p. 69-71)
U4-D-1
Entre les parcs Rothschild et Albert-Kahn
25 %, 30 % pour un terrain d'angle de 2 000 m² au plus (p. 176)5 m sans filet ; avec filet, de 9,5 m à 28,5 m (p. 179-180)Retrait : L ≥ hauteur de façade moins 3 m avec baie, 5 m au moins ; limite admise si le terrain fait moins de 300 m² ou moins de 20 m de large (p. 167-168)
U4-D-2
Rives au sud de l'avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny
40 %, 80 % pour un terrain de 200 m² au plus (p. 176)5 m sans filet ; avec filet, de 9,5 m à 28,5 m (p. 179)Comme U4-D-1 (p. 168)

Règlement écrit du PLUi, pages indiquées entre parenthèses.[3][9] La couleur du filet de hauteur, le taux de pleine terre et les marges de recul se lisent sur les plans 4.2 et 4.4 pour chaque parcelle ; l'architecte les relève pour votre adresse lors de l'étude du projet.

Les petites extensions

Dans les secteurs propres à Boulogne-Billancourt, le PLUi admet de petites extensions « nonobstant les règles générales », dans des limites précises :[3]

Petites extensions et vérandas admises par le PLUi
SecteurRègle
U3-C-1, U3-C-2Extensions de faible importance, édicules et vérandas : emprise au plus égale à 20 % des espaces libres, sans dépasser 12 m², hors marge de recul ; 3 m de haut, 2,20 m en limite séparative (p. 142, 150, 154)
U2-CEmprise de moins de 20 m², sans réduire de plus d'un tiers les espaces libres ; véranda à l'arrière (p. 110, 113, 116)
U1-A-1, U1-A-2Emprise de moins de 20 m² ou véranda à l'arrière ; espaces libres réduits d'un tiers au plus, pleine terre respectée (p. 75, 81, 84)
U4-D-1, U4-D-2Emprise de moins de 20 m², espaces libres réduits d'un tiers au plus ; véranda à l'arrière (p. 170)
Une maison mal implantée

Ailleurs dans Grand Paris Seine Ouest, le PLUi permet d'agrandir un bâtiment dans le prolongement d'une implantation non conforme. Les secteurs U1-A, U2-C, U3-C-1, U3-C-2 et U4-D de Boulogne-Billancourt sont exclus de ces règles alternatives, que le règlement réserve à d'autres secteurs. Restent possibles partout les travaux qui améliorent l'implantation ou sont sans effet sur le gabarit.[3]

Le stationnement

Tout Boulogne-Billancourt est en secteur de stationnement S1. Une extension horizontale qui ne crée pas de logement n'exige aucune place supplémentaire ; les places existantes qui répondent à la norme doivent être maintenues, ce qui compte si l'extension prend la place d'un garage.[3]

Les voisins et les vues

Le code civil impose ses propres distances pour une ouverture donnant sur le terrain voisin : 1,90 m en vue droite et 0,60 m en vue oblique, sauf accord du voisin.[10] Ces règles s'ajoutent à celles du PLUi : une autorisation d'urbanisme n'en dispense pas.

Une fois l'autorisation affichée, les voisins disposent de 2 mois pour la contester devant le juge, 1 mois pour un recours gracieux.[11]

Énergie et assurance

Une extension est soumise à la réglementation environnementale RE2020 sur sa seule partie nouvelle. Pour une maison, selon la surface de référence : moins de 50 m², des exigences de moyens, élément par élément ; de plus de 50 à moins de 80 m², des exigences allégées ; à partir de 80 m², la RE2020 complète. Le cas d'une extension de 50 m² exactement se vérifie au cas par cas.[12][13] Pour un permis, l'attestation de prise en compte est jointe au dépôt.[14]

L'assurance dommages-ouvrage se souscrit avant le début des travaux ; elle couvre 10 ans après la réception.[15]

La taxe d'aménagement d'une extension

Une extension close et couverte crée de la surface taxable. La taxe se calcule sur une valeur forfaitaire de 1 011 € par m² en Île-de-France en 2026, multipliée par les taux votés. L'abattement de 50 % ne porte que sur les 100 premiers m² de l'habitation principale, existant compris : une maison dont la surface taxable dépasse déjà 100 m² n'en bénéficie plus pour son extension.[16][17]

Base de calcul d'une extension de 30 m² sur une maison principale dont la surface taxable existante est de 120 m²
Surface taxable créée
30 m²
Valeur forfaitaire 2026, sans abattement
× 1 011 €
Base d'imposition
30 330 €
Taxe pour chaque point de taux voté
303 €

Montant total = base × (taux communal + taux départemental + taux régional). Le simulateur officiel donne le montant avec les taux en vigueur.

Lire le guide de la taxe d'aménagement

Questions fréquentes

Une extension de 30 m² à Boulogne demande-t-elle un permis ?

En principe non : c'est une déclaration préalable. Elle devient un permis si la surface de plancher totale de la maison dépasse 150 m² après travaux.[1]

L'architecte est-il obligatoire pour une extension ?

Seulement si l'extension relève du permis et que la surface de plancher dépasse 150 m², ou si une société dépose le permis. Jamais pour une déclaration préalable.[2]

Peut-on construire en limite de propriété ?

Cela dépend du règlement du secteur : chaque zone du PLUi fixe ses règles d'implantation par rapport aux limites séparatives.[3] Les règles civiles de vue s'appliquent en plus aux ouvertures.[10]

Faut-il une étude thermique pour une petite extension ?

Sous 50 m² de surface de référence, la RE2020 impose des exigences de moyens, élément par élément, sans calcul complet.[12]

Voir aussi

Sources consultées

Votre projet

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.